Et hop! Le coin  un peu fourre tout avec des textes, images etc. qui nous ont interpellés d'une maniére ou d'une autre et que l'on s'est honteusement "approprié" ou encore des trucs concoctés par nos p'tits soins que l'on souhaite partager...Faites pas gaffe au bordel! (On fait pas l'ménage souvent...)

Lordre Audrey, 1984, Sister Outsider,New York, The Crossing Press Feminist cité dans Au-delà du personnel, pour une transformation politique du personnel, ACL, 1997, p.81

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Aldous Huxley - RETOUR AU MEILLEUR DES MONDES

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L’IMPUISSANCE DU POUVOIR

Roger Auffrand (POSSIBLE N°16 – février 1985)

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« (…) Il faut qu’un phénomène brutal tue collectivement pour que s’élèvent les gémissements, pour que s’émeuvent les cœurs des hommes, pour que l’attention se trouve détournée de la lutte fratricide et universelle. Et encore cette émotion ne dure t’elle qu’une minute et s’évanouit-elle dans le Requiescat in pace des cathédrales. Les hommes ne comprendront-ils point qu’il n’y a pas de cataclysme plus meurtrier que la société actuelle ? Qu’il n’y a pas de morts plus nombreux que ceux qui tombent chaque jour, victimes de la guerre interhumaine, de la lutte incessante et sans merci qu’on a dénommé d’un mot terrible : la concurrence ? Les hommes ne comprendront-ils point la responsabilité qu’ils ont dans cette hécatombe ? Puisque ce sont leurs gestes, mauvais, ineptes, qui déterminent les monstrueuses organisations qui les tuent. (…) »

Mauricius (14-01-1909)

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Anarcho-Punk Federation (APF)


La Fédération Anarcho-Punk déjà présente dans plusieurs pays, tente aujourd'hui de se constituer un réseau en France. L'A.P.F. est le fruit de l'investissement de plusieurs personnes éparpillées un peu partout et ayant pour but l'organisation d'un mouvement anarchiste, vivant et crédible, au sein de la scène punk, faisant ainsi face à l'apolitisme et à la commercialisation en vogue.

Bien qu'étant punx, nous sommes avant tout anarchistes et nous ne concevons pas que la scène punk devienne un terrain de jeu pour les pantins du capitalisme qui transforment un mouvement révolutionnaire en un produit de consommation. Nous ne concevons pas non plus qu'elle ne soit qu'un défouloir pour quelques énergumènes qui font de la scène punk un fusible social. C'est pourquoi nous avons décidé de nous organiser concrètement, que ce soit par le biais de concerts politisés ou de manifestations diverses.

Par "Anarchie", nous n'entendons bien évidemment ni violence ni chaos, mais bien responsabilité et organisation. Nous nous basons sur des rapports humains non marchands et non hiérarchisés dans un cadre autogestionnaire, que ce soit au sein de la scène punk ou vers nos camarades non punx. Nous n'acceptons pas de choisir entre être oppresseur ou être victime d'oppressions. Nous voulons toutes les libertés individuelles et collectives. Nous voulons un monde sans états ni patrons, sans chefs ni machos, sans managers ni rapports marchands. C'est le cadre de notre lutte, en attendant de pouvoir l'étendre à l'ensemble de la société, nous voulons travailler à ce que ces souhaits deviennent des réalités au sein même de la scène punk. Celle ci, issue de combats menés dans les années 70 et avant (situationnisme, écologie radicale…) a une histoire et nous entendons profiter des enseignements de nos aînéEs. Ce que des groupes comme Crass ou les Dead Kennedys (pour ne citer que ceux là) nous ont appris, et qui depuis a été relayé et enrichi par d'autres ne doit pas être occulté par le punk de supermarché dans lequel les médias voudraient nous voir patauger. Nous nous adressons à nos camarades punx non politisé et nous leur demandons si le punk n'est qu'un style vestimentaire et musical. Les médias propagent une image totalement artificielle de notre mouvement pour leurs intérêts et ceux de la société, ne soyons pas leur pantin en étant comme ils voudraient qu'on soit.

Tout anarchopunx que nous sommes, nous n'en oublions pas les différentes luttes menées par les autres anarchistes, nous sommes solidaires et travaillons avec des organisations telles que l'ABC/CNA par exemple. Nous luttons également contre le sexisme, l'homophobie et le racisme. Nous soutenons les organisations qui combattent le capitalisme sous toutes ses formes. Nous sommes attentifs aux luttes parallèles qui vont dans le même sens. La société veut nous voir divisés et opposés, nous nous voulons autonomes et solidaires.

La vocation première de l'APF est la propagation de l'anarchisme par tous les moyens nécessaires, mais il s'agit aussi d'ouvrir un débat pour faire avancer, de manière moderne, efficace et concrète notre vision de l'Anarchie au quotidien. C'est dans ce but que nous développons un réseau pour que l'information circule à la base et que chacun puisse prendre ses responsabilités. Des idées sont en train d'être développées : fanzine collectif (Contre Culture disponible à Maloka, BP536, 21014 Dijon Cedex), compilation de soutien, tournées… il faudra inventer de nouvelles manières d'agir pour ne pas rester juste un collectif de plus. Soyons libres de décider de nos vies, prêtons l'oreille et ouvrons les yeux, agitons nous, organisons nous. Ce n'est qu'un début, le combat continue. Si vous êtes intéresséEs, guettez l'info !

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PHT - 2001

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CUISINE ELECTORALE

Yves Peirat - FORME LETALE #04 (2002)

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MANGER DE LA VIANDE / TUER DES ANIMAUX

Extrait de la brochure VÉGÉTARIEN ET VÉGÉTALIEN - vivre sans manger les animaux

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Compile SMAL - PHT - 2004

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  Cinquante mètres de parcours sur la pointe des pieds les amenérent à une porte que le Directeur ouvrit avec précaution. Ils franchirent le seuil et pénétrèrent dans la pénombre d’un dortoir aux volets clos. Quatre-vingts petits lits s’alignaient le long du mur. Il y avait un bruit de respiration légère et régulière et un murmure continu, comme de voix très basses chuchotant au loin.

  Une infirmière se leva comme ils entraient et se mit au garde-à-vous devant le Directeur.

  – Quelle est la leçon, cet après-midi ? demanda t-il.

  – Nous avons fait du Sexe Élémentaire pendant les quarante premières minutes, répondit-elle. Mais maintenant, on a réglé l’appareil sur le cours élémentaire de Sentiment des Classes Sociales.

  Le Directeur parcourut lentement la longue file des petits lits. Roses et détendus par le sommeil, quatre-vingts petits garçons et petites filles étaient étendus, respirant doucement. il sortait un chuchotement de sous chaque oreiller. Le D.I.C. s’arrêta et, se penchant sur l’un des petits lits, écouta attentivement.

  – Cours élémentaire de Sentiment des Classes Sociales,disiez-vous ? Faites le répéter un peu plus haut par le pavillon.

  « …sont tous vêtus de vert », dit une voix douce mais fort distincte commençant au milieu d’une phrase, « et les enfants Deltas sont vêtus de kaki. Oh, non, je ne veux pas jouer avec des enfants Deltas. Et les Epsilons sont encore pires. Ils sont trop bêtes pour savoir lire ou écrire. Et puis, ils sont vêtus de noir, ce qui est une couleur ignoble. Comme je suis content d’être un Bêta. »

  Il y eut une pause ; puis la voix reprit :

  « Les enfants Alphas sont vêtus de gris. Ils travaillent beaucoup plus dur que nous, parce qu’ils sont si formidablement intelligents. Vraiment, je suis joliment content d’être un Bêta, parce que je ne travaille pas si dur. Et puis, nous sommes bien supérieurs aux Gammas et aux Deltas. Les Gammas sont bêtes. Ils sont tous vêtus de vert, et les enfants Deltas sont vêtus de kaki. Oh, non, je ne veux pas jouer avec des enfants Deltas. Et les Epsilons sont encore pires. Ils sont trop bêtes pour savoir… »

  Le Directeur remit l’interrupteur dans sa position primitive. La voix se tut. Ce ne fut plus que son grêle fantôme qui continua à marmotter de sous les quatre-vingts oreillers.

  – Ils entendront cela répété encore quarante ou cinquante fois avant de se réveiller ; puis, de nouveau, jeudi ; et samedi, de même. Cent vingt fois, trois fois par semaine, pendant trente mois. Après quoi, ils passeront à une leçon plus avancée.

  Des roses et des secousses électriques, le kaki des Deltas et une bouffée d’assa foetida – liés indissolublement avant que l’enfant sache parler. Mais le conditionnement que des paroles n’accompagnent pas est grossier et tout d’une pièce ; il est incapable de faire saisir les distinctions plus fines, d’inculquer les modes de conduite plus complexes. Pour cela, il faut des paroles, mais des paroles sans raison. En un mot, l’hypnopédie.

  – La plus grande force moralisatrice et socialisatrice de tous les temps.

  Les étudiants inscrivirent cela dans leurs calepins. Le savoir puisé directement à la source.

  De nouveau, le Directeur toucha l’interrupteur.

  « …si formidablement intelligents, disait la voix douce, insinuante, infatigable. Vraiment, je suis joliment content d’être un Bêta, parce que… »

  Non pas tout à fait comme des gouttes d’eau, bien que l’eau, en vérité, soit capable de creuser à la longue des trous dans le granit le plus dur ; mais plutôt comme des gouttes de cire à cacheter liquide, des gouttes qui adhérent, s’incrustent, s’incorporent à ce sur quoi elles tombent, jusqu’à ce qu’enfin le roc ne soit plus qu’une seule masse écarlate.

  – Jusqu’à ce qu’enfin l’esprit de l’enfant, ce soit ces choses suggérées, et que la somme de ces choses suggérées, ce soit l’esprit de l’enfant. Et non pas seulement l’esprit de l’enfant. Mais également l’esprit de l’adulte – pour toute sa vie. L’esprit qui juge, et désire, et décide – constitué par ces choses suggérées. Mais toutes ces choses suggérées, ce sont celles que nous suggérons, nous ! – Le Directeur en vint presque à crier dans son triomphe. – Que suggère l’État. – Il tapa sur la table la plus proche. (…)

Aldous Huxley  -  LE MEILLEUR DES MONDES  (1931)